Journaliste pigiste, responsable de communication

Mehdi El Kindi

Mehdi El Kindi
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15 mai 1991, une femme entre en politique

14/05/2010
Le 15 mai 1991, Edith Cresson est appelée à remplacer Michel Rocard au poste de premier ministre. François Mitterrand souhaite ainsi donner une nouvelle impulsion à son gouvernement, après trois années sous Rocard. Le choix d’Édith Cresson surprend, elle n’est pas, à l’époque, une figure influente du Parti socialiste. Certains ont dit plus tard qu’il s’agissait surtout d’un effet d’annonce raté.

Première femme à accéder à ce poste dans l’Histoire de la France, elle n’y restera en fait que 10 mois. Elle démissionne après la défaite de la gauche aux régionales de 1992. Elle reste encore aujourd’hui la femme ayant eu la plus haute responsabilité politique du pays.

Elle semble en fait victime à la fois d’une conjoncture économique au plus mal – une inflation record à 3,3% en juillet 1991. Parallèlement, le nombre de chômeurs atteint le pic jusque là inégalé de 2,7 millions de demandeurs d’emploi – ,  et du conservatisme sous-jacent de la classe politique vis-à-vis des femmes. Sans  oublier des  initiatives impopulaires et des sorties malheureuses, notamment sur l’homosexualité supposée des anglo-saxons. En privé, elle aurait déclaré « la majorité des hommes [dans les pays anglo-saxons] sont homosexuels – peut-être pas la majorité – mais aux USA il y en a déjà 25 %, et au Royaume-Uni et en Allemagne c’est bien pareil. Vous ne pouvez pas imaginer ça dans l’histoire de France… Je considère qu’il s’agit d’une sorte de faiblesse. »

Par ailleurs, face à un journaliste et alors qu’elle est au téléphone elle déclare « la bourse, j’en ai rien à cirer ». On lui prête également des propos privés sur les japonais, assimilés à des « fourmis jaunes ». Elle doit alors faire face à la fois à la dureté de la presse et au machisme de la classe politique. Même, sa marionnette au Bebête Show est présentée comme une lèche-botte du Président Mitterrand, parfois avec violence. Dès lors, Elle perd le soutien de François Mitterand, et s’attire les foudres de membres de son gouvernement tel que Pierre Beregovoy, ministre de l’économie, qui la remplacera l’année suivante.

Agathe PETIT


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Les « locavores »: manger local, penser global. Interview d’Anne-Sophie Novel

30/03/2010

A l’occasion de la semaine du développement durable, Oboutdufil.com a rencontré Anne-Sophie Novel, une économiste bordelaise et auteur du livre « Le guide du locavore, pour mieux consommer local ».

Qu’est ce que le « locavorisme » ?

Ce sont des gens qui ont décidé de manger localement c’est-à-dire avec des produits qui viennent d’un périmètre autour de chez eux qui peut aller de 20 à 200 km. Le terme est né au début des années 2000 aux Etats-Unis. Depuis 2007, il est même apparu dans le dictionnaire américain. C’est devenu un art de vivre là-bas. En France, on l’utilise beaucoup moins. Je crois que c’est un terme qui écorche un petit peu les oreilles. Mais en fait, tous ceux qui participent aux Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) ou qui s’approvisionnent en circuit cours pourraient faire partie de la catégorie des « locavores ».

D’où vous est venue l’envie de devenir « locavore » ?

Plusieurs raisons m’ont poussé dans ce sens. D’abord mon parcours. Je suis économiste et j’ai toujours étudié les notions de commerce et développement donc les problématiques liées à l’organisation mondiale du commerce. J’étais déjà sensible aux inégalités provoquées par les échanges sur la planète et leurs excès. Ensuite le « locavorisme » n’était pas vraiment analysé en profondeur donc je me suis dit qu’il fallait l’étudier et faire un « guide du locavore », comme il en existe beaucoup aux Etats Unis. A partir de là, il a fallu que j’expérimente le régime. Je ne pouvais pas en parler sans ça. Pour moi, c’est vraiment devenu une philosophie de vie et une logique qui dépasse l’alimentation. Le « locavorisme » peut s’adapter à la vision de chacun. Certains font un régime strict et se privent de chocolat, de café, de thé ou d’épices tandis que d’autres dont je fais partie, l’ont adapté et consomment ces produits en soutenant le commerce équitable pour aussi aider les populations des pays en développement.

Quels sont les 10 commandements que doit suivre le « locavore » ?

Ça commence déjà par beaucoup de réflexion. Il faut s’interroger sans cesse. Ensuite il faut réduire au maximum le « kilomètre alimentaire », c’est-à-dire la distance parcourue par l’aliment entre la fourche et la fourchette, entre son lieu de production et son lieu de consommation. Il faut aussi fréquenter les marchés et les Amap. Evidemment, manger les aliments de saisons. C’est comme pour les vêtements. On a une garde robe d’hiver et une d’été, alors pourquoi pas pour l’alimentation ? Il faut aussi favoriser les aliments Bio. Mais aussi cuisiner car lorsqu’on est « locavore » on réduit les plats tout prêts ou transformés. Avoir un jardin si possible, sinon un simple balcon suffit à faire pousser quelques plantes. Redécouvrir les saveurs. Soutenir l’économie locale donc l’emploi dans sa région. Et enfin, pratiquer l’écotourisme quand on part en vacance. Voilà les grands principes que j’ai retirés de cette expérience.

Quelles sont les étapes à suivre pour devenir « locavore » ?

On commence par faire un bilan de ce que l’on consomme. Pour cela il faut retourner les emballages, lire les étiquettes, regarder d’où vient le produit pour comprendre un petit peu comment ça marche et comment on consomme. Ensuite, on prend un compas et on trace un cercle d’un rayon d’environ 150 km autour de sa ville et on voit ce qu’on peut trouver dans ce périmètre là. Et puis il est très important d’aller poser des questions, par exemple au boulanger pour savoir d’où vient sa farine. On progresse déjà en comprenant. Ensuite, on réinvestit sa cuisine. Mais je pense qu’il y a plusieurs façons d’entrer dans le « locavorisme ». Notamment en fonction du temps qu’on peut y consacrer. Chacun prend le temps qu’il veut pour trouver ses marques, changer ses repères et modifier son alimentation. L’écotourisme permet aussi de partir à la rencontre de l’autre et de changer son rapport à l’alimentation en rencontrant des producteurs.

On entend souvent dire que manger sain coûte cher. Qu’en est-il selon vous ?

Moi, je ne dépense pas plus qu’avant. On fait même des économies car on arrête de fréquenter les supermarchés. Du coup, on est moins tenté par des choses inutiles, des gourmandises ou des promotions. Et puis on consomme des aliments de saisons moins chers et produits localement donc moins couteux en transport. Et puis on y gagne en matière de santé, d’environnement et de lien social. La dimension humaine devient très importante.

N’est-ce pas difficile de manger local dans une grande ville ?

Pas du tout. Il y a des marchés tous les jours, des Amaps et des systèmes de paniers en circuit court qui se multiplient et même des jardins partagés. Les gens ont envie de retrouver leur rapport à la terre. Avec la crise, aux Etats-Unis, à Londres ou à Paris, les gens se sont remis à cultiver des jardins ouvriers pour s’assurer une indépendance alimentaire. A Bordeaux, il ne manque plus que des jardins sur les quais…

Peut-on consommer autre chose de local que la nourriture ?

Je pense que tout peut être consommé localement. Mais c’est vrai qu’à l’heure actuelle, c’est encore compliqué pour les vêtements par exemple même si certaines marques s’installent à nouveau en France. Il arrive aussi qu’il soit écrit « Made in France » sur l’étiquette alors que le vêtement a simplement été assemblé en France. J’espère d’ailleurs que l’étiquetage carbone sera étendu à d’autres produits que la nourriture. On peut aussi être « locavore » lorsqu’on construit sa maison ou qu’on achète un meuble. De toute façon, chaque achat est prétexte à s’interroger, à se demander d’où vient l’objet.

Quel est l’impact du « locavorisme » ?

Il y a plusieurs dimensions. Il impacte sur l’environnement bien sûr, avec le refus de l’utilisation des OGM et des pesticides qui dégradent les sols. Mais aussi la baisse des émissions de CO2 à travers la réduction des transports et aussi tout ce qui touche à « l’eau virtuelle ». Dans tout ce que l’on consomme, il y a de l’eau cachée. C’est-à-dire qu’il faut prendre conscience que certains aliments nécessitent énormément d’eau pour être produits et parfois dans des pays qui en manquent pour alimenter la population. Il impacte aussi sur le lien social, la promotion de l’économie locale, du terroir, des savoir-faire et des saveurs.

Comment changer les choses ?

S’il y avait une réponse toute faite on l’aurait déjà utilisé. C’est très compliqué. Je travaille dans le développement durable depuis plusieurs années et je pense qu’il y a plusieurs portes d’entrées. Il faut multiplier les arguments mais aussi prendre en compte la catégorie sociale. On peut utiliser l’argument économique pour les gens en difficulté, l’argument santé pour ceux qui s’en souci, le terroir pour les gens attachés à leur région mais aussi bien sûr la protection de l’environnement pour les écologistes et même le goût pour les enfants. C’est au cas par cas mais l’alimentation est quelque chose de quotidien et d’indispensable donc tout le monde peut se sentir concerner. Il faut aussi, bien sûr, que ça bouge au niveau politique pour que les entreprises agissent au même titre que les citoyens. Chacun à son niveau peut agir. Même si parfois c’est décourageant quand on voit que la taxe carbone ne passe pas ou que Copenhague est un échec. L’école aussi a son rôle au même titre que les parents. Il y a une éducation au goût, à la diversité dans l’assiette…

Que répondez-vous à ceux qui vous taxent de prôner un retour à la préhistoire ?

Ce n’est pas un retour en arrière. On ne recule pas sur le train des avancés. On n’est pas contre le progrès mais aujourd’hui celui-ci nous mène à notre perte. Il va contre l’humain, contre la Terre, il est destructeur. L’idée est de changer tout ça, d’y réfléchir et de progressivement limité les dégâts et inverser la tendance. Je ne veux pas tomber dans le catastrophisme, mais quand il n’y aura plus de pétrole comment ferons-nous ? Si on est dépendant d’aliments qui sont cultivés à des milliers de km, comment allons-nous nous nourrir ? Il faut donc anticiper tout ça et entretenir ce lien social qui permet une véritable solidarité locale.

Propos recueillis par Simon Gleize


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Violence à l’école : interview d’Eric Debarbieux

17/03/2010

Eric Debarbieux vient d’être choisi par le ministre de l’éducation nationale, Luc Chatel, pour présider le conseil scientifique des Etats généraux de la sécurité à l’école. Enseignant en sciences de l’éducation à l’université Bordeaux II, il est également directeur de l’Observatoire international de la violence à l’école. Il revient sur sa nomination et nous éclaire sur le sujet dont il est un expert reconnu.

A quoi vont servir ses Etats généraux ?

Les états généraux sont une étape. Il s’agit de prendre du recul. Il y aura certainement des annonces politiques mais il faut être conscient que la violence à l’école est là depuis longtemps. Elle monte réellement depuis une trentaine d’années. Il est donc temps de prendre le temps d’y réfléchir. Il faut s’inscrire dans le long terme. Donc c’est d’abord une prise de hauteur. Après, il est vrai que les Etats généraux ne sont pas un colloque scientifique, c’est d’abord une manifestation politique sur laquelle on m’a demandé une analyse.

Plus précisément, quel sera le rôle de ce comité scientifique dont vous assurez la présidence ?

Je serais accompagné d’autres experts. Des sociologues, des psychologues mais aussi des criminologues. On interviendra dans les débats pour rappeler ce qui semble faire consensus chez les chercheurs sur ces questions de violence à l’école. Le comité scientifique est aussi chargé du suivi. C’est-à-dire que tout ce qui pourrait être décidé sera suivi et évalué de manière à juger de l’efficacité réelle des mesures qui pourraient être mises en place. Nous travaillerons à la fois sur des questions de sécurité mais aussi sur la prévention. Il ne s’agit pas de traiter des faits divers exceptionnels mais bien de comprendre quelle est cette violence, d’où elle vient et comment on la prévient. Le problème n’est pas simplement de punir les coupables mais de faire en sorte qu’il n’y a plus de victimes. Maintenant ce n’est pas nous qui prendrons les décisions, mon rôle n’est pas de me substituer aux politiques. C’est avant tout un rôle d’éclairage public.

De nombreux faits divers ont été fortement médiatisés ces dernières semaines. Y a-t-il un véritable pic de violence ou les médias en font-ils trop ?

Je ne crois pas à la hausse globale de la violence dans tous les établissements scolaires. Ce que je pense, et ce que je constate avec les chiffres, c’est que cette violence est très ciblée sur certains établissements. Donc la hausse existe mais elle est socialement inégalement répartie. Il y a vraiment là une forme de violence très liée à la délinquance. Il faut rappeler que l’immense majorité des établissements français ne connaissent pas de problèmes de violences insurmontables. Elle concerne essentiellement des établissements touchés par une forme d’exclusion. Il faut certainement réfléchir sur le caractère social et sur la lutte contre l’exclusion qui est lié avec cette violence à l’école.

Comment la violence s’exprime-t-elle au sein des établissements scolaires ?

Il y a de nouvelles formes de violences sur lesquelles il faut vraiment réfléchir. En particulier tout ce qui est lié au cyber harcèlement. C’est-à-dire des violences verbales voir physiques qui sont très liés à l’usage des nouveaux médias. En particulier d’internet. Il y a par exemple un très fort développement des mails injurieux dont souffrent certains gamins. Une étude de notre observatoire révèle que 18% des gosses sont touchés par ce phénomène. De la même manière certains problèmes sont liés aux SMS ou aux blogs. Il faut se pencher sur ces questions. C’est une violence différente. C’est important de réfléchir à toutes ces nouvelles formes qui peuvent gâcher la vie d’un certain nombre d’individus.

Il semble que les personnels de l’éducation nationale soient de plus en plus pris pour cible. Comment l’expliquez-vous ?

Ce type de violence est apparu à la fin des années 90. Une des évolutions majeure de la violence à l’école est qu’elle est devenue anti-scolaire, contre les institutions et contre les personnels. C’est le même phénomène que la violence contre les services publiques ou dans les transports. Le raisonnement de ces jeunes est le suivant : celui qui vient d’un monde qui n’est pas le mien, devient un ennemi. Mais tout cela ne concerne qu’une minorité d’adolescent. Il est important de le rappeler. La deuxième évolution importante, apparue en même temps, est le caractère collectif de certaines violences. Par exemple le racket, qui au départ était un affrontement entre deux élèves, est devenu un phénomène de bandes. C’est désormais à 7 ou 8 que l’on rackette un seul élève. Avec l’idée que la loi du plus fort est collective.

On parle aussi beaucoup de violences commises par des éléments extérieurs aux établissements ?

Les chiffres sont clairs. Partout dans le monde, le problème des intrusions est minoritaire. En France, les intrusions représentent 5% des violences graves. C’est un vrai problème par endroit qu’il faut traiter par des systèmes de sécurisation mais aussi de lien social avec le quartier. Ne traiter que le phénomène de l’intrusion serait ne s’attaquer qu’à une faible partie de la violence scolaire.

Le ministre de l’éducation Luc Chatel s’est dit pour la sanctuarisation des établissements scolaires avec notamment l’installation de portiques de sécurité et de caméras de vidéosurveillance. Quel est votre avis sur cette question ?

La sanctuarisation peut être utile par endroit mais aussi dangereuse si elle est mal conduite. Elle risque de couper l’établissement de son tissu social. Il ne faut pas non plus être naïf, certains établissements ont besoin à un moment donner de se replier sur eux-mêmes le temps d’une certaine sécurisation mais à condition que cette solution soit transitoire. Sinon, l’école peut être perçue comme étrangère à un quartier et devenir une cible.

Quelles sont les causes clairement identifiées de la violence à l’école ?

C’est un problème très complexe. L’instabilité des équipes adultes dans les établissements en est une. Les professeurs, les surveillants et les conseillers d’éducation sont plus efficaces pour prévenir et lutter contre les violences s’ils sont installés depuis un certain temps. La mixité des classes est aussi très importante. Il faut éviter de rassembler des élèves en échec scolaire ensemble au risque de créer des « classes cocotte-minute ». Les critères sociaux rentrent aussi en ligne de compte. Et puis il y a des causes totalement extérieures à l’école comme l’éducation des parents bien sûr. Un enfant qui subit des maltraitances à son domicile peut par exemple les reproduire pendant sa scolarité. Il faut surtout retenir que toute analyse simpliste d’un phénomène qui est hyper complexe nuit à la compréhension de celui-ci. Et c’est la même chose pour les réponses à apporter. A l’observatoire on s’est approprié une devise : « il y a toujours une solution simple à un problème complexe : la mauvaise ».

Propos recueillis par Simon Gleize

Un lien vers une initiative de lycéens :

http://www.youtube.com/watch?v=crLRyujRj1g


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Qui sont ces abstentionnistes ?

16/03/2010

Après les Européennes où le taux d’abstention avait atteint presque 60%, celui du premier tour des élections régionales grimpe jusqu’à 53,63%. Comment expliquer ce net recul de la participation après des élections présidentielles de 2007 qui avaient mobilisé plus de 80% d’électeurs ?

Tout d’abord de nombreuses études révèlent une désaffection évidente pour la politique et ses acteurs après la crise économique. Les promesses de 2007 n’ont pas été tenues et la défiance du citoyen a connu un net sursaut. Ensuite, il faut reconnaitre que le chiffre des dernières présidentielles était trompeur. Il ne démontrait pas un réel intérêt pour la politique en général mais plus pour un combat entre deux personnalités. Tout comme une émission de télé réalité peut passionner les Français…D’un côté un homme incarnant l’autorité, le travail, la nation et le volontarisme. De l’autre, une femme, belle et moderne, symbole du renouveau du Parti Socialiste. Le tout magnifiquement orchestré médiatiquement et animé par un trublion nommé François Bayrou. Endemol n’aurait pas trouvé meilleur casting…

Revenons à nos Régionales. Nombreux analystes, voyant le faible score de l’UMP, considèrent que ce sont ses électeurs qui ne sont pas allés voter. Pourtant l’électorat de droite est réputé pour être présent dans les urnes. Le vote fait d’ailleurs parti des « obligations » des encartés UMP et des valeurs de ce parti. Pas sûr donc que cette explication soit valable. Ce qui est sûr c’est qu’une partie de son électorat, déçu par la politique de Nicolas Sarkozy, est retournée dans le giron du Front National. L’hypothèse d’une abstention majeure à droite est d’autant plus étonnante que personne n’ignorait avant ces élections que le Mouvement Populaire serait en difficulté. Les militants UMP étaient donc conscients de l’importance de leur vote dimanche dernier.

Plutôt que de se demander d’où viennent ces 23,5 millions de Français qui ne sont pas allés voter, ce qui fait d’eux, et de loin, le plus grand « parti » de France, demandons-nous pourquoi. Effectivement la crise économique et un sérieux désamour des Français pour leurs hommes politiques sont deux raisons certaines et déjà évoquées précédemment. La difficulté pour les électeurs d’identifier les enjeux de cette élection régionale en est une autre, là aussi largement commentée par les spécialistes. Mais la principale ne viendrait-elle pas tout simplement de la droite elle-même ? Depuis des semaines, voir des mois, Nicolas Sarkozy et François Fillon s’évertuent à expliquer aux Français que les exécutifs régionaux sont inutiles et couteux. Dans ce contexte, comment les encourager à s’approprier ce vote ? Avec ce projet de réforme territoriale et la création de conseillers territoriaux qui géreront à la fois la Région et le Département, le Premier ministre s’est efforcé de prouver à ses concitoyens que la région n’avait plus de raisons d’exister. Xavier Bertrand est d’ailleurs allé encore plus loin au lendemain du premier tour en déclarant que ces dernières avaient été inutiles, sinon un poids pendant la crise. Drôle de façon de promouvoir le second tour… Pire encore, l’UMP est aujourd’hui tenté de minimiser l’ampleur de sa défaite en arguant qu’avec un tel taux d’abstention, celle-ci n’est pas vraiment significative. Le serpent semble se mordre la queue.

On comprend en tout cas mieux aujourd’hui pourquoi cette réforme territoriale est tant souhaitée du côté du Mouvement Populaire. Avec son nouveau découpage et son nouveau mode de scrutin, elle aurait permis à la droite de bien figurer au lendemain d’une élection régionale à un seul tour. Même en ayant réalisé le plus faible score de son histoire, elle aurait conservé la Corse et l’Alsace et reconquis l’Ile-de-France, Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Auvergne, Champagne-Ardenne mais aussi le Centre. Bref, un bel hold-up et une magnifique arnaque démocratique.

Simon Gleize


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La politique : une affaire d’hommes ?

08/03/2010

En théorie, la parité semble être un concept bien ancré dans les mentalités. En pratique, c’est autre chose. Si en cinquante ans, la place des femmes dans la société s’est améliorée, on constate que peu d’entre elles occupent des postes stratégiques ou haut-placés. Notamment en politique.

En France, les hommes sont encore majoritaires : 82% de députés à l’Assemblée Nationale. Dans ce domaine, la France manifeste un retard par rapport à ses voisins. En 2007, la France comptait àpeine 19% de femmes au parlement. Loin derrière la Suède par exemple, où la parité est quasi parfaite.

Malgré une faible représentation, les progrès effectués depuis 1944 – année où les femmes ont acquis le droit de vote et d’éligibilité – sont visibles. Toutefois, la France fut l’un des derniers pays à attribuer ces droits. Un an après cette obtention, le pourcentage de femmes à l’Assemblée Nationale était de 5,6% . Aujourd’hui, il a atteint 18%.

Ce n’est qu’en 1974 qu’une femme est devenue ministre, en la personne Simone Veil. Depuis, la place des femmes est un point de débat important en politique. En 1995, les candidats ont dû se prononcer sur la parité en politique. En 1998, sous le premier mandat de Jacques Chirac, un amendement modifiant la Constitution de 1958, annonce que, désormais, « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats et fonctions. » Un Observatoire de la Parité est d’ailleurs créé cette même année. Le 6 juin 2000, « la loi de la parité » vient étendre cette volonté égalitaire.

Il y a un an, François Fillon déclarait : « Nous avons progressé dans la voie d’une véritable parité dans le domaine politique : désormais la plupart des exécutifs locaux devront respecter une parité réelle. C’est une véritable révolution qui va s’engager et ouvrir bien plus largement les portes de la vie politique aux femmes ». Il reconnaît alors implicitement que la politique reste difficile d’accès pour les femmes.

Lors de son élection en 2007, Nicolas Sarkozy a fait la part belle aux femmes. Il en a même fait un point d’honneur dans la formation de son premier gouvernement, en leur confiant des ministères primordiaux jusqu’alors occupés par des hommes. Ce fut le cas de Rachida Dati à la Justice (aujourd’hui occupé par Michèle Alliot-Marie) ou encore de Christine Lagarde à l’Economie. Le remaniement du 15 juin 2009 à suivi cette logique. Aujourd’hui, sur 39 membres du gouvernement, 13 sont des femmes.

La parité pour la parité ?

L’an passé, un magazine Britannique a désigné Christine Lagarde dernière d’un classement des compétences économiques dans la zone euro. Rachida Dati à, quant à elle, quitté le gouvernement après être tombée dans un gouffre de contestations. Valérie Pécresse a dû essuyé le flop de la loi LRU. Christine Boutin a tout bonnement été évincée du gouvernement, à l’instar de Chritine Albanel, remplacée par Frédérique Mitterrand à la culture…

Il y a aussi celles que l’on relègue vers des fonctions moins exposées ou de moindre importance : Rama Yade, la « grande gueule », aux sports, Nathalie Kosiusco-Morizet au numérique et Nadine Morano à la famille…Ce qui amène à penser que les femmes seraint choisies davantage pour leur nature, que pour leurs compétences.

Les femmes politiques : des garçons manqués ?

Alan Pease, un grand psychologue américain, a élaboré une théorie selon laquelle il ne pourrait y avoir de femme Présidente. Pour lui, les prétendantes au pouvoir seraient en fait dotées d’un « cerveau masculin ». Nommer ou voter pour une femme en politique reviendrait, en fait, à mettre en avant des idéologies masculines. Selon lui, 50% des comportements spécifiques des hommes ou des femmes seraient biologiques et le taux de testostérone serait responsable de la soif de pouvoir, d’autorité et de domination. Autrement dit, les femmes qui font de la politique auraient un surplus d’hormones mâles ; et il n’y aurait que des hommes, au sens cérébral du terme, qui accèdent à des fonctions politiques…

Agathe PETIT


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